A la suite du salon Millésime Bio qui s’est déroulé fin janvier à Montpellier, les Vins du Soir se penchent sur le vin bio.

Premier volet : rappel des fondamentaux…

Longtemps, on a dit que le vin bio n’existait pas et que l’on ne pouvait parler que de « vin issu de raisins de l’agriculture biologique ». En réalité, la législation ne le permettait pas mais elle a été modifiée voici bientôt trois ans. Le règlement bio de 2007 qui encadre la production bio a en effet été complété le 8 février 2012 (entrée en vigueur le 1/8/12) par d’autres règles permettant la certification de la transformation, et donc du vin et plus seulement du raisin.

Un système de contrôle et de certification est également prévu et est délégué, dans chaque pays de l’Union européenne, à des organismes. En Belgique, l’organisme Certisys (Certification System) est actif pour la certification de produits biologiques, nous y reviendrons dans un prochain article. Une fois certifié, chaque opérateur bio est soumis à un contrôle annuel obligatoire et à une analyse de risque. Le processus de transformation du produit est contrôlé jusqu’au conditionnement du vin en bouteille.

Comment se traduit ce cadre légal dans les faits ?

 1) La viticulture bio

Pour passer de conventionnel à bio, la réglementation européenne oblige tout vigneron à respecter une période de conversion de 36 mois durant laquelle il ne peut encore s’afficher comme bio, mais comme étant en « conversion bio ».

La conduite de la vigne doit en outre respecter plusieurs techniques :

– mise en œuvre de mesures prophylactiques pour réduire la sensibilité de la culture aux attaques parasitaires avant d’avoir recours aux produits de protection des plantes (pas de pesticide de synthèse) ;

– utilisation de produits exclusivement d’origine naturelle pour la fertilisation et la protection des vignes : composts et fumiers organiques ou poudres de roches ;

– interdiction des OGM (organismes génétiquement modifiés) ou issus d’OGM ;

– gestion des adventices (comprenez les mauvaises herbes) par un travail mécanique et donc zéro herbicides.

Cette approche globale du système vigne-sol-environnement implique des coûts de production plus élevés qu’en agriculture traditionnelle (ce qui a évidemment une répercussion sur le prix de vente), mais aussi plus de main-d’œuvre, et donc plus d’emplois. On estime un vignoble génère 3,6 unités de travail agricole (ou équivalent temps plein) contre 1,7 dans le conventionnel. Le bio a donc aussi un impact social.

2) La vinification bio

Depuis 2012, de nouvelles exigences permettent de produire un vin bio :

– 100 % des ingrédients agricoles utilisés doivent être certifiés bio : raisin, sucre, alcool, moût concentré rectifié ;

– certaines pratiques sont interdites : désalcoolisation, électrodialyse (pour éliminer les précipitations tartriques – et donc les dépôts), chauffage à plus de 70ºC (qui permet d’éliminer, entre autres, les arômes végétaux du raisin) ;

– limitation des intrants œnologiques,

– restriction des niveaux de SO2 total dans les vins commercialisés.

En plus du contrôle annuel déjà évoqué, le vigneron doit donc respecter ces exigences pour prétendre à la mention « vin bio » et au label bio européen. Il ne peut donc se contenter de certifier bio ses raisins.

Comment reconnaître un vin bio ?

Par l’étiquette, tout simplement. Pour les vins produits avant 2012, la mention « vin issu de raisins biologiques » doit être reprise ainsi que celle de l’organisme certificateur. Par exemple FR-BIO-XX pour un vin français. Ces vins peuvent bénéficier en outre d’une certification « vin bio » pour autant que le processus de vinification respecte les règles de 2012.

Pour les vins produits après 2012, le logo européen est obligatoire ainsi que la mention de l’organisme certificateur. L’origine des matières premières doit également être mentionnée : Agriculture UE ou non-UE.
Seul le logo européen est obligatoire, l’ancien logo AB ne l’est plus.

Pour pouvoir être importé dans l’Union européenne, les vins bio doivent être soit certifiés dans des pays tiers équivalents, soit par un organisme certificateur équivalent. À ce jour, les pays tiers équivalents pour la production bio sont les États-Unis, la Suisse et la Nouvelle-Zélande.

A l’inverse, pour l’exportation vers des pays hors UE, seuls le Canada et les États-Unis permettent de commercialiser des vins certifiés bio en Europe, sans certification supplémentaire.

A suivre : les vins biodynamiques et les vins naturels, puis le marché du vin bio en France et en Belgique.

Sources : exposés de Virgile Joly et de Valérie Pladeau (Sudvinbio) durant Millésime Bio le 27 janvier dernier.

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