Bonjour,

Lors de notre séance d’oenologie du mois d’octobre 2015, Michel a posé une question concernant le lien éventuel entre le réchauffement climatique et la date des vendanges.

Voici, deux articles trouvés sur le site de l’INRA et sur http://www.mon-viti.com, qui j’espère répondra à sa question.

Bonne lecture.

Bruno

INRA :

Quel vin fera-t-il demain ?

Chaud chaud les raisins ! Le coup de chaud prévu dès le milieu du siècle ne sera pas sans danger pour la vigne et le vin. L’Inra s’investit dans des recherches de grande ampleur pour étudier les stratégies d’adaptation pour le vignoble français de demain.

VIGNOBLE  du  DOMAINE EXPERIMENTAL  de Pech-Rouge. © PAILLARD Gérard

En trente ans, les vendanges ont été avancées de deux à trois semaines selon les régions ! – exception faite de cette année où le climat particulièrement froid de mai et juin a ralenti floraison et maturation. Les agronomes de l’Inra de Colmar ont ainsi estimé que vers le milieu du XXIe siècle, les dates de murissement des cépages riesling et gewurztraminer pourraient encore être avancées de 18 jours. Cette précocité ne serait pas sans effet sur la qualité des raisins. Des raisins plus sucrés, moins acides. Un vin plus alcoolisé avec des arômes différents. Une vigne qui doit supporter plus de chaleur et des périodes de sécheresse. Qui fleurit plus vite, murit plus tôt. Un vignoble qui fait face à de nouveaux ravageurs et maladies.
La vigne est une plante extrêmement sensible au type de sol où elle s’enracine et aux variations climatiques. Au cours de l’histoire, elle a été plantée dans des lieux précis, pour tirer parti de cette dépendance, qui s’exprime jusque dans la qualité des vins. Quelques mètres carrés font parfois même la réputation d’une cuvée ! Cette forte réponse aux infimes modifications de son écosystème fait de la vigne un modèle d’étude privilégié pour les chercheurs.

Planter aujourd’hui pour demain

Les chercheurs du projet Laccave étudient les différentes solutions pour adapter au plus vite le vignoble français au changement climatique. Ils explorent ainsi les possibilités de relocaliser les vignes dans des zones plus fraîches, plus en altitude. « Il y a autant de variabilité du climat au sein d’une même région viticole (même petite) qu’entre deux régions viticoles » nous disent des spécialistes de l’étude du climat à petite échelle, comme Hervé Quénol et Benjamin Bois, tous deux participants au projet Laccave. Sur les domaines expérimentaux de l’Inra en Alsace, en Aquitaine et en Languedoc Roussillon, les chercheurs testent de nouvelles variétés, plus tardives, plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur. Ils évaluent de nouvelles pratiques viticoles : introduisant l’irrigation, réduisant la taille et l’effeuillage de la vigne pour mieux protéger le raisin du soleil. Les caves sont leurs laboratoires : ils testent différentes techniques pour réduire le taux d’alcool des vins ou modifier le pH du jus de raisin… D’autres encore interrogent les professionnels pour mieux savoir comment ils vont réagir face au changement climatique et aux adaptations à envisager. Enfin le consommateur final n’est pas oublié. Son goût pour les nouveaux vins et sa volonté d’achat sont analysés finement. Rien n’est laissé de côté !

De 1,8 à 4°C sur un siècle

Pour la fin du XXIe siècle les différentes simulations prédisent des concentrations atmosphériques de CO2 comprises entre 540 et 950 ppm. La température pourrait en conséquence augmenter de 1,8 à 4° sur un siècle. Les prévisions climatiques sont plus discutées : les précipitations augmenteraient légèrement sauf en été dans les zones tempérées. Une chose est sûre : le climat sera plus variable et extrême.

Extrait trouvé sur http://www.mon-viti.com :

Selon Oracle, l’observatoire régional sur l’agriculture et le changement climatique, la date de vendange dans le cognaçais est passée du 5-15 octobre à la fin des années 1970 au 10-20 septembre à la fin des années 2010. Sur des historiques plus profonds, l’avancement est encore plus important.
Sur l’ensemble de cette période d’observation, la tendance moyenne de l’avancement est de 22 jours en 32 années soit 7 jours en 10 ans. Les années particulièrement chaudes, telles que 2003 ou, davantage encore, 2011, affichent une date de vendange particulièrement précoce, en avance de 10 à 15 jours sur la tendance pluriannuelle. En 2011, la récolte a commencé tout début septembre, ce qui ne s’était jamais vu auparavant.

Cet avancement des dates de vendanges résulte de l’augmentation des températures pendant la saison de végétation de la vigne (avril à octobre). Les travaux du BNIC (bureau national interprofessionnel du Cognac) ont montré l’existence d’une corrélation marquée entre la moyenne des températures maximales journalières d’avril à août et la date de début des vendanges.

Ainsi, une augmentation de 1°C des températures maximales journalières entre avril et août, entraîne un avancement de 10 jours de la date de vendanges. Plus précisément, c’est le cumul des températures supérieures à 10°C pendant la saison de végétation qui détermine la durée du cycle de la vigne, donc la date des vendanges.

L’avancement des dates de récolte est observé sur la majorité des vignobles français: c’est le cas en Bourgogne, à Châteauneuf du Pape, Tavel ou en Champagne.

En Champagne par exemple, les vendanges ont lieu en moyenne deux semaines plus tôt qu’il y a 20 ans, selon l’Onerc, l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique. Dans certains cas en revanche, aucune évolution significative n’a été observée, comme dans le vignoble de Saint-Émilion.

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