Caractérisation de la structure poreuse du liège par imagerie.

Voyage au cœur du bouchon.

Synthèse rédigée suite à la parution de l’article précité dans la revue des œnologues n° 158 de janvier 2016.

Fabrication des bouchons : découpe et tubage.

Fabrication des bouchons : découpe et tubage.

Le liège est un matériau provenant de la partie externe de l’écorce du chêne liège. Ce matériau est utilisé depuis l’antiquité comme obturateur pour les amphores. Il est le plus utilisé pour le bouchage de plus de deux tiers des bouteilles de vins, en particulier ceux de longue garde.

En effet, les plus récentes études démontrent les nombreux avantages à utiliser le liège pour le bouchage : perméabilité à l’oxygène, phénomènes d’oxydoréduction maîtrisés. Le liège naturel agit comme une valve subtile qui permet au vin de continuer son évolution et sa maturation en bouteille. Le liège participe ainsi à l’élaboration du vin.

Le bouchon en liège ne pèse que 0,16 grammes par cm3. Il contient 89,7% d’air ou de gaz similaires, dans environ 40.000.000 cellules / cm3. Ces cellules forment les caractéristiques principales du bouchon : légèreté, étanchéité, élasticité et compressibilité.

Les bouchons en liège sont classés visuellement en différentes catégories en fonction de leurs défauts apparents. Moins il y a de lenticelles en surface, plus le liège est considéré de qualité élevée. On compte généralement sept à huit catégories de liège en fonction des bouchonniers. La meilleure qualité est appelée grade 0, et donc pour les moins bonnes, l’appellation est grade 6 ou 7. Ce tri est effectué visuellement par des opérateurs qualifiés ou bien, de manière automatique, à l’aide d’analyse d’image en surface. Cette classification s’appuie sur l’hypothèse que la densité de défauts présents en surface du bouchon reflète, avec une bonne estimation, la densité de défauts présents dans tout son volume.

L’objectif de cette étude était de vérifier cette hypothèse, en identifiant et en qualifiant les défauts de deux catégories de bouchons de liège (grade 0 et grade 4) selon deux approches : en analysant sa surface par photographie optique ou bien en volume par imagerie de neutrons ou de rayons X.

Les photographies ont permis de quantifier les défauts présents à la surface des bouchons. Le grade 0 (la meilleure qualité de liège) a présenté 4,1 % de défauts alors que le grade 4 en a compté 6,7 %.

L’imagerie neutrons (ou rayons X) a permis de quantifier non seulement les défauts présents à la surface mais aussi ceux à l’intérieur du matériau, invisibles à l’œil nu. Cette technique a permis de comptabiliser 5,4 % de défauts en volume pour le grade 0 et 6,5 % pour le grade 4.

La structure interne du bouchon est donc accessible et sa représentation en trois dimensions a permis de visualiser la répartition des lenticelles. Ces dernières ne sont pas interconnectées et les calculs de porosité ont donnés des résultats très proches des deux autres techniques utilisées dans cette étude.

Même si le nombre de défauts en surface des bouchons conduit à une sous-estimation de la porosité interne, la méthode de tri visuel (manuel ou automatique), utilisée pour la répartition des bouchons en différentes classes, permet une bonne classification.

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